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On a tendance à dire - à tort? - que l'Europe n'interesse personne, rédactions et lecteurs confondus. Une idée qui expliquerait peut-être que l'Europe n'occupe que 2% de l'information - soit autant que le Moyen-orient. Alors, comment expliquer ce désintérêt à l'heure où il n'est par exemple plus possible de parler d'économie sans aborder la question ?
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On a tendance à dire - à tort? - que l'Europe n'interesse personne, rédactions et lecteurs confondus. Une idée qui expliquerait peut-être que l'Europe n'occupe que 2% de l'information - soit autant que le Moyen-orient.

Alors, comment expliquer ce désintérêt à l'heure où il n'est par exemple plus possible de parler d'économie sans aborder la question ?

 ► A lire sur Revue-Medias.com : Plaidoyer pour un média européen

"L’Europe est mal comprise, faute aux politiques. Faute aussi aux médias qui n’en retiennent généralement que les implications en politique intérieure. Normal : il s’agit de médias nationaux. Car il manque en Europe un média écrit d’information qui considérerait l’Union comme son territoire journalistique, un peu comme USA Today le fait des Etats-Unis d’Amérique. Un média paneuropéen, populaire et indépendant répondrait à un défi jamais relevé, celui de la communication entre les peuples qui, quoi qu’on en dise, sont majoritaires à vouloir faire progresser l’Europe unifiée."

 ► Interview de Jean Quatremer : "Je suis encore comme un gamin devant un jouet"

Pourquoi l’Europe ne passionnent- elle pas les rédactions centrales ?

Tout ce qui est au-delà du périphérique parisien a tendance à ne pas intéresser les rédactions centrales. Quand j’entends un correspondant en Espagne, en Italie ou en Afrique du Sud me raconter qu’il passe son temps à se faire jeter quand il propose un papier, je me dis que je ne suis pas le seul à souffrir de désintérêt. Les rédactions centrales sont passionnées par ce qui fait la une du journal de 20 heures, souvent un fait divers ou des petites phrases politiques, et elles ont tort ! Plus nous donnons un contenu spectaculaire au spectateur et au lecteur, plus il nous fuit comme le montrent nos chiffres de vente ou d’audience.

L’Europe a toujours une place à Libération aujourd’hui ?

Oui, mais cela tient à la volonté d’un certain nombre de responsables du journal. J’ai vraiment le sentiment que le jour où je quitterai mon poste, je ne serai pas remplacé par un correspondant permanent. J’ai du mal à comprendre ce désintérêt pour l’Europe d’une grande partie des journalistes français à l’heure où celle-ci n’a jamais eu autant de compétences. Sur Internet, le succès des sites traitant d’informations très spécifiques devrait conduire les journaux dits « généralistes » à se poser de sérieuses questions. Tant que nos lecteurs ne trouveront pas l’ensemble du spectre de l’actualité dans les journaux, pourquoi iraient-ils les acheter ?"

Être journaliste européen nécessite-il forcément d'être à Bruxelles? (le nombre de correspondants bruxellois est passé ces dernières années de 1800 à environ 600 journalistes...) 

 Le poste à Bruxelles est spécifique car, en dépit de sa localisation géographique, ce n’est pas un travail de correspondant à l’étranger. Mais ce n’est pas non plus une rubrique « interne », comme le sont la « politique » ou la « société ». On est vraiment à mi-chemin du national et de l’international. Ce qui est certain, c’est que la construction communautaire ne relève plus depuis longtemps de la « politique étrangère » au sens classique. L’Europe est pourtant encore trop souvent traitée dans la rubrique internationale, alors que les décisions prises à Bruxelles ont un effet immédiat sur la vie des citoyens français et européens. C’est la grande différence avec les organisations internationales classiques.

 

 
► Allez jeter un coup d'oeil au blog de Jean Quateremer ainsi que sur le site d'Euractiv.  

 

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