► Le contexte
C'est la polémique médiatique de la semaine. Les propos d'Eric Zemmour sur la justification des controles au faciès a déclenché un véritable tollé. En affirmant que la majorité des trafiquants sont noirs et arabes, le polémiste qui sévit sur France 2, du Figaro et de RTL déclare n'avoir rien fait d'autre que d'user de sa liberté d'expression. Philippe Bilger défend cette position sur son blog et dans un article sur le site Marianne2.
Une position qui lui vaut d'être aujourd'hui entendu par le Procureur Général de Paris, appuyé par les déclarations de la Garde des Sceaux Michelle Alliot-Marie sur le "devoir de reserve des fonctionnaires".
► L'interview
Pour Médias[2], le magistrat revient sur cette affaire. S'il déclare "ne rien regretter", il affirme avoir défendu la liberté d'expression plus que les propos d'Eric Zemmour. Préoccupé par les commentaires des internautes sur son blog (insultes, menaces...) il réaffirme qu'il n'y "avait rien dans ces propos qui soit relevable de la loi pénale".
Il se déclare cependant hostile à la justification des contrôles au faciès, qu'il définit comme "totalement scandaleux". Et la relation entre ces contrôles au faciès et l'origine des délinquants ne lui semble pas justifiée: "Ce sont toutes les transgressions à la loi pénale qui sont graves, peu m'importe l'origine ethnique des délinquants".
Sur sa convocation par le procureur il affirme être serein et détendu car il n'estime pas "dans le cadre d'une pratique judiciaire qui pourrait être discuté". "Si on a peur tout le temps on ne pense pas librement"...
Et finit par une pique pour le Syndicat de la Magistrature qui selon lui se "réjouit de (s)es ennuis virtuel". "Je critique une forme de liberté d'expression idéologique de la part des syndicats"