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A l’heure d’une crise multiple du journalisme, voici le temps de l’uniformisation, formelle et éditoriale. Le journalisme qui prend le temps de l’immersion, du reportage, de l’enquête semble disparaître face à la course de vitesse de l’information standardisée. Alors que certains voient le renouveau du journalisme d'auteur comme la seule salvation d'un métier en perte d'identité, il n'existe plus aujourd'hui que dans les marges. Tintin est-il mort ? Dites nous ce que vous en pensez...
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A l’heure d’une crise multiple du journalisme, voici le temps de l’uniformisation, formelle et éditoriale. Le journalisme qui prend le temps de l’immersion, du reportage, de l’enquête semble disparaître face à la course de vitesse de l’information standardisée. Alors que certains voient le renouveau du journalisme d'auteur comme la seule salvation d'un métier en perte d'identité, il n'existe plus aujourd'hui que dans les marges. Tintin est-il mort ?
Dites nous ce que vous en pensez...

► Intervenants : 

  • Pierre PÉAN, se dit "écrivain-enquêteur". Il a publié une vingtaine d'enquêtes depuis 1975. Il s'est intéressé spécialement aux scandales politiques, à l'Afrique, aux médias (TF1), et dernièrement (2009 : "Le Monde selon K.) au ministre Kouchner.

  • Jean-Robert VIALLET est documentariste. Il vient de remporter le prix Albert Londres 2010 pour sa série documentaire "La Mise à mort du travail" (trois parties, diffusées sur France 3 en octobre 2009)

  • Jean-Christophe FERAUD est responsable de la rubrique Médias et Nouvelles technologies aux "Echos". Il a été auparavant journaliste au service "Enquête" de La Tribune, supprimé faute de rentabilité. Il tient le blog "Sur mon écran radar"

 

 ► A lire, pour initier le débat : 

- I wanna be a Gonzo journalist ! , par JC Feraud. Extraits : 

  • le "gonzo journalism" -  ce journalisme de récit littéraire, subjectif, sauvage et halluciné (pour en savoir plus allez faire un tour sur Gonzo.org) - est aujourd'hui en voie de disparition. Tout comme le journalisme d'investigation. Et en bonne partie pour les mêmes raisons.
  • Dans la plupart des médias, la narration écrite, sonore et visuelle est désormais hyper-formatée. Accroche, déroulé, chute...tous les sujets sont traités à la même moulinette normative. 
  • L'époque n'est pas porteuse pour le journalisme de récit, d'enquête et de reportage avec du panache, du nerf et des tripes. Ce journalisme engagé qui revendique l'honnêteté subjective plutôt que de s'abriter derrière une fausse objectivité bien hypocrite est pourtant à mon sens l'un des meilleurs moyens de ramener le lecteur à s'intéresser à la presse. (...)  L'époque est peut-être aux OS de l'info et au "temps de cerveau disponible".  Mais il n'est pas trop tard pour changer l'époque. Cela tombe bien la révolution numérique va nous y aider.

- Une série d'articles de Narvic, sur Novövision : 

Je partage en partie le point de vue de Jean-Christophe, et sur cette partie j’ai même tendance à aller beaucoup plus loin que lui : au delà du journalisme industrialisé, de l’usine à info sous le règne du marketing éditorial, qui se profile déjà distinctement à l’horizon, c’est la robotisation du journalisme et le journal sans journalistes qui se dessine tout aussi clairement, et qui pourrait même arriver encore plus vite que prévu (ou redouté)…
Mais je ne partage pas la seconde partie de son point de vue : « l’époque n’est pas porteuse pour le journalisme de récit ». Bien au contraire, il est même aujourd’hui la seule issue pour la survie d’un journalisme digne de ce nom : redevenir un auteur… ou disparaitre !

 

 ► Sur Médias[2]

 - [Podcast] Delphine Saubaber (Prix Albert Londres 2010) : "Le temps est la valeur sacrée de notre métier" 

 

 

 

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Comment from Stéfanie Pourchasse: « Le vrai reportage gonzo exige le talent d’un maître journaliste, l’oeil d’un photographe artiste et les couilles en bronze d’un acteur. » Hunter S. Thompson Comment from Xavier Rinaldi: J'ai compris plein de choses, et aimé écouter ces grands hommes parler. Mais il y a toujours quelque chose qui m'échappe : pourquoi aux Etats-Unis, pays qui n'est pas le moins capitaliste du monde, existe-t-il le New Yorker ? Et pourquoi pas ailleurs ? Question de culture ? Je n'y crois pas. De moyens ? La presse est en crise partout... Alors pourquoi ? Comment from Hugo Latreille: Un commentaire de Guillaume Henchoz (repris avec sa permission), qui tient le blog Chacaille, posté sur Monécranradar :   "Excellente émission !

J'ai retrouvé sur ce plateau toutes les thématiques abordées lors du GIJC 2010 (www.gijc2010.ch )qui s'est tenu à Genève au mois d'avril et que je me suis efforcé de développer sur chacaille ces dernières semaines...

Parmi les modèles de financement, il a notamment été question de l'investigation comme valeur ajoutée. Des enquêtes et des papiers articulés autour d'un temps plus long permettent à des titres de presse de se démarquer du flux des dépêches et des articles de 1500 signes.

En Suisse, quelques signes peuvent ça et là redonner un peu espoir. Le quotidien romand Le Temps vient par exemple de nommer un ancien reporter d'investigation, Serge Michel au poste de réd en chef adjoint. De même, la récente nomination de Roger de Weck à la tête de la RTSR (Radio/Télé)laisse penser que le journalisme au long cours n'est pas tout à fait mort.

D'autres modèles de production d'enquêtes doivent également être expérimentés. Selon Mark Lee Hunter, c'est dans la collaboration entre enquêteurs et ONG que se trouve l'une des planche de salut du journalisme d'investigation. ce journaliste-chercheur en profite, l'air de rien, pour refonder une nouvelle éthique journalistique. 

Le financement d'enquêtes par des fondations qui a été brièvement abordé dans le cadre de cette émission nécessiterait également de plus amples développements. J'ai parfois l'impression qu'il y a d'énormes réticenses du côté français à accepter cette forme de mécénat.

Voilà en vrac et de façon très brouillonne, ce qui me passe par la tête après vous avoir entendus tous les trois sur Médias2.

 Guillaume"